Jeudi 08 Novembre 2007

 

 
Les blogs n’étant pas seulement des espaces de doléances je vais cette fois-ci briser le silence par de bonnes nouvelles.

 

Il y a un peu plus de quatre ans, lorsqu’un ami me disait qu’après le bac je m’inscrirai surement à l’INC pour le côté BCBG de l’institut je contestais avec rage en affirmant avec fermeté que je n’y mettrai guère les pieds. Cet été encore, je répétais inlassablement la même phrase à tous ceux qui se souciaient de mon devenir : « Continuer mes études ? Non, je ne suis pas faite pour cela ! Je vais travailler ! » Convaincue que la voie suivie par mon aînée était, quoique laborieuse, probante et admirable. Quelques semaines après notre soutenance, l’entreprise où l’on avait effectué notre stage de fin d’études me contacta pour un entretien, rien de mieux donc pour atteindre rapidement mes objectifs, mais cela coïncidait malheureusement avec mon départ en vacances, j’étais contrainte à refuser l’offre et je me suis ainsi décidée à ne rechercher du travail qu’après les vacances d’été voire après le mois du ramadhan.

 

Et puis, je ne sais par quel concours de circonstances cette décision si fondée a changé du tout au tout. Peut-être ai-je été influencée par des amis, des parents ou peut-être que j’ai cédé à cette volonté de ne pas sceller un contrat de travail aussi hâtivement. Rien que l’idée de faire tous les matins le même trajet, pour me rendre au même lieu, exécuter les mêmes tâches et revenir à la même heure pour refaire le même trajet avec en prime un embouteillage hyper stressant, une atmosphère ultra étouffante, une pollution omniprésente m’horrifiait, le tableau est loin d’être aussi noir mais je ne suis pas faite pour vivre dans les grandes villes et Alger est devenue, depuis peu, l’une d’entre elles.

 

Or, les études offrent une certaine liberté, des horaires souples et puis ce sentiment d’être encore jeune, d’aller à la FAC, sentiment si apaisant pour ceux qui comme moi regrettent chaque jour de grandir.

 

Cependant, le grand paradoxe qui m’habite a fait que parallèlement à cette volonté de prolonger mon insouciante vie estudiantine, je brûlais d’acquérir une certaine autonomie financière et de combiner les concepts théoriques abstraits que l’on nous enseignait avec une pratique concrète et c’est ainsi que je me suis lancée dans la course au boulot.

 

Les petites annonces étant le moyen le plus rapide je dévorais une à deux fois tous les quinze jours quelques quotidiens nationaux, mon entourage raillait le sérieux avec lequel je menais mes recherches mais ma passivité n’en avait cure, doucement mais sûrement…  

 

La plupart des firmes exigeaient au moins deux ans d’expérience, parfois je tentais ma chance auprès d’elle mais sans succès. Cela dit, curieusement, on m’avait contacté suite à la toute première annonce à laquelle j’avais répondu, une entreprise privée algérienne en pleine expansion. Je me rendis à l’entretien et suis tout de suite tombée sous le charme du responsable, un jeune homme admirable et sérieux. Malheureusement ce qu’il me proposait comme poste n’avait rien d’admirable quant à lui, après les « je vais réfléchir » d’usage je refusais par e-mail son offre quelques jours plus tard.

 

Et la course (lente) continuait, de vaines tentatives à des postes auxquels je n’étais pas encore préparée. Un soir, je découvris sur ma boite un courriel du gentil monsieur qui m’invitait à le revoir pour une nouvelle proposition (oui je sais que vous êtes déçus, je croyais, moi aussi, que c’était pour un rendez-vous galant). Je me rendis donc une seconde fois à l’entreprise. Le poste qu’il me proposait était nettement plus intéressant et plus dynamique je décidais donc d’accepter après l’avoir informé que je devrai m’absenter quelques heures pour mes cours à l’institut et que mon travail sera, par conséquent, à temps partiel. Nous nous sommes entendus à nous revoir dès que j’aurai mon emploi du temps.

Voilà, et tout allait bien dans le meilleur des mondes quand un jour, en plein mois de ramadhan, je découvre sur mon mobile un appel en absence d’un numéro inconnu (jusque là rien de bizarre) mais qui ressemblait étrangement au numéro professionnel de ma sœur, j’appelle cette dernière pour lui demander si ce genre de numéros étaient des comptes business et elle m’affirme que c’était le cas. Je rappelle le numéro par curiosité mais personne ne répond. Le soir je trouve un autre appel mais je n’en fais plus cas ! Sans doute de mauvais plaisantins. Et c’est ainsi que je continuais à m’initier à l’art culinaire durant le mois sacré à défaut de travailler ou encore même d’étudier ( le concours du magistère ayant été prévu pour la fin octobre). Quelques jours après l’aïd le fameux numéro me rappelle et pour une fois mon téléphone est sur moi et je prends l’appel :

 

-         Bonjour mademoiselle ! je me présente S. T. (je ne retiens jamais le nom des personnes je l’ai donc appelé Sawsenne ce n’est que plus tard que j’appris son vrai prénom) de C.C.Company, nous avons bien reçu votre CV et nous aimerions vous rencontrer pour un entretien demain inchallah.

-         Heu… oui ! oui, oui je suis libre !

 

Après quelques indications quant à la situation de leur siège je la remercie et raccroche. Où est ce qu’ils ont bien pu dénicher mon CV ceux-là, sachant que je ne leur ai jamais rien envoyé. Je sais que je l’ai diffusé un peu partout sur la toile mais cela reste intrigant. Je me décide donc à aller voir ce qu’il en est.

 

L’entretien se déroule calmement avec la demoiselle et un autre monsieur d’un certain âge, fort sympathique, mais je suis surprise de découvrir que le document qu’ils ont entre les mains est un vieux CV qui date de quelques mois, il ne comporte d’ailleurs aucun détail quant au mémoire de fin d’études, consciente que je n’étais pas en position de poser des questions idiotes je décide de me taire. J’explique à ces deux personnes ma volonté de poursuivre mes études et par conséquent l’impossibilité de travailler à plein temps et après près d’une demi heure je les quitte sur le traditionnel : « Nous vous rendrons la réponse sous peu, cette semaine au plus tard ».

 

En sortant, j’étais très enthousiaste, les employeurs m’avaient fait bonne impression et j’étais désireuse d’intégrer leur firme de part sa renommée mondiale en stratégie marketing. Tant pis pour mes engagements avec le beau jeune homme !

 

Mais une semaine est passée, une deuxième l’a suivie puis une troisième était entamée sans que la moindre réponse ne me parvienne je finis par me rendre à l’évidence que si en arabe on disait que السكوت علامة الرضا dans le monde des affaires le silence était plutôt signe de refus.

 

Entre temps, j’ai passé les épreuves du concours et je me rendais ce lundi à l’institut pour m’assurer des résultats qu’une amie à moi m’avait donné la veille au téléphone :

 

-         Au fait félicitations !

-         Pourquoi ?

-         Ben pour le magistère !

-         Ah ! J’ai eu le concours ?

 

Toujours en retard….

 

Et ce même lundi, ne voilà t’il pas, comme dirait l’autre, que Sawsenne m’appelle pour me dire que ma candidature a été retenue. J’étais aux anges tant ce travail fortuit me tenait à cœur. Et c’est ainsi que tout est bien qui finit bien comme dirait Candide.

 

Voilà, la mise à jour étant faite, il faudra dans quelques mois s’attendre à de nouveaux billets sur un autre mémoire. Mais ce que j’ai surtout conclu dans toute cette affaire c’est que je ne fais que ce que je jure ne JAMAIS faire.

 

 

 

 

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