En cette période où un peu partout dans le monde des prix sont décernés à diverses personnalités ayant contribué d’une manière ou d’une autre au bien-être et à l’aide de l’humanité dans divers domaines allant de la chimie à l’économie je me suis dit qu’il serait bon de rendre hommage également, par le plus précieux mais aussi le moins gratifié de tous les prix, à une certaine catégorie de personnes qui peuplent cette terre, je cite les femmes en général et les mères en particulier.
Bien que le 8 mars et dernier dimanche de mai sont censés matérialiser la gratitude que l’on ressent à l’égard de ces créatures je trouve que rien n’est plus expressif que cette fin de Ramadhan pour mettre en exergue toute la bonté et le labeur de ces dames.
Je ne ferai pas de distinction entre les femmes au foyer et celles qui travaillent car chacune vit un engrenage différent, mais non moins pénible, de celui de l’autre. Même que je suis fermement convaincue que la deuxième catégorie connaît un peu de plus de répit que la première, ne serait ce qu’à travers son emplois qui lui permet d’une part de se changer l’idée et d’autre part de ne pas devenir esclave de son propre foyer. Toujours est-il que les journées de ces femmes sont pour ainsi dire…mouvementées au point de leur faire perdre les atomes de placidité rescapés de la tornade de stress quotidien qui les ravage.
L’exemple de Ramdhan est parfait pour illustrer ces dires. Imaginons un instant que nous ayons une entreprise, notre propre entreprise, qu’au sein de celle-ci nous devions assurer les tâches des agents d’entretien (pare-terre, poussière, sanitaires et j’en passe), des acheteurs (patates, épicerie, produits d’entretien, confiserie…etc.), du gestionnaire des stocks (Y a plus de café ? Pas de panique, madame a pensé en acheter avant que le dernier paquet ait touché à sa fin), du comptable (la facture de téléphone est payée, reste celle de l’électricité, je passerai la régler avant de récupérer les gosses et après le boucher et ce soir il va falloir vérifier toutes ces dépenses à droite à gauche), du psychologue et professeur (C’est une petite fille aussi gentille que toi regarde comme elle est mignonne, elle voulait juste te taquiner en te tirant des pierres en direction des yeux, maintenant ma puce va faire tes devoirs je viendrai vérifier) mais aussi celles du cuisinier, du plongeur, du teinturier, de la secrétaire qui répond au téléphone, de l’agent de sécurité, du portier mais encore les tâches inhérentes aux postes de responsabilité avec toute la gestion s’y rattachant.
Vous ne trouvez pas que c’est un peu trop pour une seule âme ? Oui je sais, j’entends déjà les cris haro qui fusent : « Eh c’est moi qui paye le téléphone, l’électricité et même l’eau » ou encore : « Le premier jour de ramadhan c’est moi qui ai mis la table pas elle » voire même : « J’ai toujours repassé ma chemise tout seul comme un grand » mais là n’est pas la question ou plutôt le problème. Le problème c’est d’abord d’énumérer toutes ces nombreuses tâches pour en confirmer la multiplicité et la difficulté mais c’est aussi de s’indigner devant ce travail si ingrat qu’est celui des femmes. Un vieux proverbe arabe, dont je ne me souviens plus, attestait du fait que le travail accompli par ces dames ne connaissait pas de concrétisation ; Elles nettoient et ça se resalit, elles cuisinent et ça s’ingurgite, elles repassent et ça se re froisse, elles lavent et ça se re macule… Peut-être que dans un passé très lointain une femme aurait été maudite pour l’éternité et toutes les générations suivantes en auraient souffert. Tous ses efforts ne donneraient alors que de fugaces résultats concrets.
Enfin, tout cela pour dire qu’être femme est un métier, qu’une maison est une grande entreprise et qu’en l’absence d’une meilleure solution pour récompenser toutes les femmes qui nous entourent commençons par une sincère gratitude et attribuons leur ce prix bien mérité.
Saha Aidkoum !
