J’ai préparé une dizaine d’articles qui sommeillent au fin fond du Pc, tous plus inachevés les uns que les autres, des fragments désordonnés de pensées qui, à vrai dire, n’ont ni queue ni tête.
C’est alors que je me suis dit qu’il serait pour moi moins fastidieux de revenir avec un film. En réalité, je n’ai pas trop le temps d’en voir en ce moment. J’ai commencé Mighty heart avec Angelina Jolie sans pouvoir le terminer, idem avec Ghandi et The queen, bref je prends la fâcheuse manie de tout laisser à moitié en ce moment. Ça me fait penser à une expression qu’on utilise souvent pour désigner les personnes qui n’achèvent jamais ce qu’elles entreprennent : « كلاو عضمة النص ». Mais bon là n’est pas la question...
Je ne me souviens plus très bien à quand remonte la sortie de ce film, j’hésite entre 2004 et 2005 mais je me souviens que j’en avais beaucoup entendu parler et que les acteurs à l’affiche ne faisaient qu’accroître mon intérêt à l’égard de ce long métrage. C’est ainsi que j’ai guetté les étales de DVD et que j’ai acheté dès sa sortie à Alger : « Friends with money » avec Jennifer Aniston, Joan Cusack, Catherine Keener, Frances Mcdormand.
Prévisible ! Lorsqu’on idéalise quelque chose où qu’on en attend trop le résultat est… décevant. Je trouvais ce film d’une banalité et d’une incohérence intolérables. Je m’attendais peut-être (inconsciemment) à une comédie drôle et divertissante, le fait que ce soit des friends… qu’il y ait Jennifer Aniston quelque part. Bref, je l’ai vite fait rangé puis oublié….
Dernièrement un quelque chose que je ne saurais nommer ou qualifier m’a poussé à ressortir cette vieillerie dénuée d’intérêt pour la revoir. Et c’est ainsi que je me suis surprise à le faire plus de 3 fois de suite. Le film m’est apparu tout simplement différent. Extrêmement subtil malgré le scénario prosaïque.
En résumé c’est l’histoire de quatre amies d’enfance : Olivia, Christine, Franny et Jane (si je me souviens bien !). Toutes très différentes l’une de l’autre : Olivia est l’exemple type de la trentenaire célibataire qui vit encore avec la blessure d’un amour non partagé (son ex qui est marié) et qui se remet à peine de sa dépression, c’est quelque part le genre de personnes qui se cherchent sans trop se trouver, qui veulent sortir du moule routinier de la vie américaine, elle abandonne ainsi son travail d’institutrice pour faire … des ménages, elle gagne sa vie péniblement. Du côté de ses « friends » le tableau n’est pas aussi noir et pourtant… Christine, une chic fille, mariée, un enfant, elle est scénariste et travaille en collaboration avec son mari qui est l’exemple même de l’égocentrique de service. Leurs deux natures très différentes ont du mal à cohabiter. Quand l’altruisme se bat contre l’égoïsme cela finit souvent en scènes de ménage bruyantes. Christine ne trouve pas mieux que de noyer son chagrin dans la boulimie, son mari devient chaque jour de plus en plus exaspérant. Jane est styliste, mariée avec un enfant également, son mari est quant à lui très attentionné et leur couple est assez équilibré (notons que ses amies soupçonnent des penchants homosexuels chez lui pour son côté coquet et un tantinet efféminé), elle ne s’en porte pas mieux, sous son tempérament de feu et sa franchise démesurée se cache une nature très sensible et meurtrie par « la fatigue de vivre ». Enfin, celle qui se porte, disons le mieux, est Franny, la maternelle, elle est très riche, mariée, deux enfants, a fondé un foyer heureux mais souffre légèrement de rester continuellement dans l’ombre dans son couple d’autant qu’elle a abandonné sa carrière professionnelle pour s’occuper de ses enfants.
Je ne sais pas si la morale est de se dire qu’à chacun ses problèmes ou que nul n’est parfait ou encore que le bonheur est relatif. En tous cas la fin du film est très intéressante. Dans un esprit de « positive attitude » chacune finit par trouver son compte sans pour autant nager dans le bonheur façon de dire que cette entité n’existe pas forcément mais que le seul fait de ne pas être malheureux est déjà un bonheur en soi.
En tous cas c’est l’un des rares films qui se rapprochent admirablement de la réalité. Chacune se reconnaît un peu dans les différentes facettes des quatre personnages. La critique a tout résumé en le qualifiant de «Terrific ! a quitely devastating knockout punch about love and life ».
Je n’aurais pas dit ça il y a quelques mois mais là je peux l’affirmer : C’est un film A VOIR.
Meilleurs voeux de l'aid el adha à vous tous. Avec beaucoup de prospérité et de bonheur inchallah en ces jours de fêtes. Puisse il être synonyme de chaleureuse convivialité!!!
